Texte – Réintègre

Pourquoi regardes-tu le non-sens à l’extérieur de toi ?
Qu’est-ce qui fait qu’il y a condamnation de l’autre ou d’une poignée d’autres ?
Qu’est-ce qui fait que tu te sens séparé de cela ?
Crois-tu sincèrement que ce monde est un hasard ?

Cela ne correspond pas à tes seuls actes, non bien sûr ! cela remonte bien plus loin dans ta structure et englobe tout dans chacune de tes cellules.  

Ce qu’on appelle un climat intérieur est un microcosme qui peut être éclairé vu et rendu. Tu n’es pas obligé de tourner en boucle. Il y a donc des changements de directions possibles : remonter sur notre structure, aller comprendre notre fonctionnement, libérer les vieux schémas obsolètes… tous ces carcans qui ne sont parfois que des protections devenues des prisons dorées et des peurs de l’autre et de l’inconnu. 

C’est si facile de critiquer ou vouloir effacer ce qui est devant nos yeux, plutôt que de regarder en soi la racine (commune). Car oui s’il y a de la contrainte à l’extérieur, c’est qu’il y a encore de la contrainte à l’intérieur.

Pars de toi et ton monde changera tu verras.
Pars de toi et seulement de là.
Très très près.
Cela ne veut pas dire qu’il n’y aura pas d’actions mais tes actions seront en conscience de ce qui est présent en toi.

Aucune faute sur personne, juste une pleine libération pour tous.
🙏
Tu vois la différence ?

Rejeter sur l’extérieur est encore un rejet de soi. Un rejet qui se manifestera en attraction, de plus en plus fort, à la hauteur de la lutte. Une émission de vibrations, quelques ondes, qui tournent en boucle, juste parce qu’elles sont émises.
Englobe tout, englobe-toi avec.
La vie est inclusive et non exclusive.

Tu portes en toi ce qui a fait qu’à un moment donné il y a eu une certaine direction. C’est alors évidemment que le changement de direction viendra de la pleine mise en lumière des bénéfices secondaires.
Serais-tu prêt à ne plus te contraindre ? À lâcher ton bénéfice à te contraindre ? et juste laisser être.
–) Si oui active cela. Dès maintenant. N’attends pas qu’en face cela commence. N’oublie pas que tu es le centre de ton monde. Qui sent, entend, et ressent ? Toi n’est-ce pas… ? tu es donc le centre.
–) Sinon accepte encore le fruit de ta manifestation.
Prends ta pleine responsabilité. Vois qu’une partie te sert encore.

Une ouverture encore plus large peut alors se produire, libérant la contrainte et la liberté, les englobant toutes les 2 comme 2 faces d’une même pièce, juste un mouvement commun, main dans la main.
La contrainte sera vue comme une contre-étreinte, une frustration nécessaire pour générer quelque chose de plus grand. Elle sera accueillie et remercier. Juste un changement de perspective.

Dès lors, tu pourras te pardonner de tant de violences intérieures, de commentaires, de déversements et de luttes. Tu pourras rire de toi et rire de tout cela.
La vie « Une » continuera son déploiement, aussi paradoxal que cohérent. Tu accepteras de plus en plus d’en être le centre. Tu rejoindras un niveau plus intime de l’être, sans acquisition, sans valeur, sans savoir, juste un regard décoloré de quelques prismes. Juste une perspective délestée de quelques patterns.

Ne te crois pas arrivé quelque part…
Car rien de ce que tu peux enfermer, commenter n’est vraiment exact. Ce n’est qu’une perspective. Une perspective d’un « TOUT ».
C’est comme un point sur un cercle. Où est le début et où est la fin ? Tout début est déjà la fin ! Toute fin est le début !
Le cercle même n’existe pas sans ce point…
Ne cherche pas.

Reviens encore et encore, très très près de ce point. Quel point ?
N’importe lequel sur le cercle.
Tout y est complet.
Là où se place ton attention, mets-y tout ton coeur.
Réintègre.
Remonte à la source. Prends-toi en compte réellement et concrètement.
Réintègre…

Texte – Explorer les différentes dimensions de l’être

Réflexions autour de l’expansion de conscience

Nous avons souvent tendance à penser la conscience comme quelque chose qui pourrait s’élargir en allant « plus loin », comme s’il existait un ailleurs à atteindre. Pourtant, au fil de mes accompagnements, je rencontre une autre dynamique.

L’expansion de conscience ne me semble pas être un mouvement qui nous éloigne de nous-mêmes. Elle pourrait être, au contraire, un mouvement qui nous permet progressivement d’englober davantage ce que nous sommes, et tout ce qui, parfois, nous semble difficile à réunir.

Lorsque les dimensions se séparent

Nous pouvons facilement nous identifier à ce que nous percevons en premier lieu de notre expérience, et nous représenter dans un monde « fini ». Ces représentations peuvent nous aider à nous comprendre, mais elles peuvent aussi finir par devenir des limites lorsque nous les confondons avec ce que nous sommes dans notre totalité.

Nous pouvons également vivre certaines dimensions de notre expérience comme opposées ou incompatibles, et cette séparation peut demander beaucoup d’énergie.

De la séparation à la réunion

L’expansion peut commencer lorsque nous cessons de lutter contre nous-mêmes, lorsque nous pouvons nous rencontrer directement, sans chercher immédiatement à modifier, à repousser ou résoudre l’expérience. Il ne s’agit pas pour autant de simplement lui faire une place.

Dans mon expérience, quelque chose de plus profond peut se produire lorsque les différentes dimensions commencent à se reconnaître. Elles se mettent en relation, elles se rejoignent et se répondent. Et parfois, elles semblent alors se fondre les unes dans les autres. Comme un rond qui retrouve son rond, un carré qui retrouve son carré, chacun vient rencontrer ce qui lui correspond. Et lorsque les formes se rejoignent, quelque chose cesse d’avoir besoin d’être séparé. Ce qui était maintenu à distance peut alors se rendre. Ce qui demandait de l’énergie pour être tenu, contrôlé ou évité n’a plus besoin de l’être de la même manière. La séparation se défait et avec elle apparaît une disponibilité.

Un espace qui n’a plus besoin d’être occupé par la lutte. Une disponibilité pour percevoir, pour vivre et pour rencontrer ce qui vient.

L’unité n’est alors pas l’addition de toutes les parties. Elle est ce qui apparaît lorsque les parties n’ont plus besoin d’être séparées.

Remettre en relation

Ce qui m’intéresse dans cette exploration est moins la recherche d’une réponse que la possibilité de remettre les choses en relation.

Toutes les dimensions de notre être, corps-psyché, peuvent dialoguer.

Une expérience peut ouvrir sur une ressource que nous n’avions jamais reconnue.

Le regard s’élargit alors naturellement. Non parce que nous avons trouvé une nouvelle explication, mais parce que nous avons cessé de regarder depuis un seul endroit.

Lorsque le regard se déplace

Lorsque les différentes dimensions se rencontrent et cessent d’être vécues comme séparées, ce n’est pas seulement leur relation qui change. C’est aussi le regard depuis lequel nous les percevons.

Ce déplacement de regard n’est pas une nouvelle idée ou une nouvelle compréhension à laquelle il faudrait adhérer. Il est vécu. La perception elle-même change. L’expérience reste là, mais la manière de l’habiter n’est plus la même.

Ce qui était vécu depuis l’intérieur d’une situation peut soudain être perçu avec davantage d’espace, comme si le point d’observation s’était déplacé. Il ne s’agit pas de penser autrement. Il s’agit de percevoir autrement.

Une autre configuration devient alors possible. Par exemple, ce qui semblait être un problème à résoudre devient simplement une sensation enfouie à rencontrer, ce qui semblait être une limite devient une information judicieuse… Cette configuration n’est pas seulement comprise, elle est vécue.

Le son comme fil conducteur

Dans mes séances, le son accompagne cette exploration. La vibration permet de revenir au corps, puis d’affiner progressivement l’écoute.

À mesure que le corps se détend et que l’agitation se dépose, certaines perceptions deviennent plus accessibles.

Le son devient alors moins un objet que l’on écoute qu’un espace dans lequel on entre.

Il peut permettre d’explorer autrement la relation entre intérieur et extérieur, entre sensation et conscience, entre ce qui est perçu et celui qui perçoit.

La vibration devient ainsi un fil conducteur. Je suis ce qui se présente dans l’expérience directe, et les sons, les vibrations et les différents espaces de la séance viennent accompagner ce mouvement. Il ne s’agit pas de provoquer une expérience particulière. Il s’agit d’écouter ce qui se transforme et de suivre ce qui cherche à émerger.

Une conscience qui englobe

Peut-être que l’expansion de conscience n’est finalement pas une expansion vers quelque chose.

Peut-être est-ce un mouvement d’ouverture à une perception plus large de ce qui est déjà là.

Pouvoir être avec une sensation sans devenir cette sensation. Observer une pensée sans devoir la suivre. Accueillir une émotion sans qu’elle définisse qui nous sommes. Ressentir une perception subtile sans avoir besoin de lui donner immédiatement une signification.

Et surtout, pouvoir laisser différentes dimensions de l’expérience se rencontrer jusqu’à ce qu’elles ne soient plus vécues comme séparées. Alors quelque chose se libère et se comprend. Une disponibilité apparaît, le regard se déplace et avec lui, parfois, toute la perception de l’expérience.

L’expansion de conscience devient alors moins une destination qu’une manière différente d’habiter ce qui est vécu.

Laisser émerger ce qui, jusque-là, n’avait peut-être pas encore trouvé suffisamment d’espace pour être vu. Peut-être que nous n’avons pas toujours besoin d’aller plus loin. Peut-être avons-nous parfois simplement besoin de réunir suffisamment ce qui semblait séparé pour découvrir que nous regardions depuis un endroit qui n’était pas encore celui de l’ensemble.

La conscience ne s’élargit pas en quittant ce que nous sommes, mais en accueillant suffisamment notre complexité pour que nos polarités puissent se reconnaître. Comme les différentes facettes d’un même cristal, elles peuvent sembler séparées tant que nous les regardons une à une. Lorsque nous les accueillons dans leur totalité, quelque chose se reconnaît : le regard se déplace, et de nouvelles cohérences apparaissent là où nous ne voyions auparavant que des séparations.

Texte – Écouter autrement, laisser émerger la présence

Réflexions autour de la méditation sonore

Nous sommes entourés de sons. Certains nous attirent, d’autres nous dérangent. Certains nous apaisent, d’autres réveillent immédiatement quelque chose en nous.

Nous les entendons souvent sans véritablement les écouter.

La méditation sonore propose une autre relation au son.

Non pas seulement écouter une musique ou recevoir un son agréable, mais observer ce qui se passe lorsque nous devenons pleinement disponibles à l’écoute.

Écouter autrement

Au début d’une séance, le son est souvent perçu comme quelque chose qui vient de l’extérieur.

Puis l’écoute peut progressivement changer. Le son ne semble plus seulement être « là-bas ». Il devient une vibration ressentie dans le corps, dans l’espace intérieur.

Le corps devient caisse de résonance. L’écoute devient alors moins une action qu’une disponibilité.

Nous n’avons plus besoin de chercher à entendre. Nous pouvons simplement laisser le son venir à nous.

Et lorsqu’un son disparaît, nous pouvons observer ce qui demeure après lui.

Du son au silence

Ce qui m’intéresse dans la méditation sonore n’est donc pas uniquement le son. C’est aussi ce qu’il révèle lorsqu’il disparaît.

Chaque son naît, se déploie, puis s’éteint. Nous pouvons observer ce mouvement sans chercher à le retenir.

Et peu à peu, quelque chose de similaire peut être observé en nous, pensées, émotions, sensations naissent, se déplacent, s’effacent.

Nous pouvons apprendre à ne pas nous agripper à ce qui apparaît, ni à lutter contre ce qui disparaît.

Le son devient alors une porte vers une expérience très simple : laisser être.

Ralentir 

La méditation n’est pas pour moi une action supplémentaire à accomplir. Elle n’est pas un effort pour vider la tête ou atteindre un état particulier.

Elle peut commencer lorsque nous cessons simplement de vouloir produire quelque chose.

Le corps ralentit. L’attention devient plus fine. Et dans ce ralentissement, nous pouvons commencer à voir ce qui était déjà là.

Il y a une forme de vigilance tranquille.

Nous sommes présents, mais nous n’avons pas besoin d’intervenir. Cette présence n’est pas passive. Elle est au contraire très vivante. Elle permet de rencontrer l’expérience avec davantage d’espace.

Prendre de la distance sans se séparer

Dans notre quotidien, nous sommes souvent complètement pris dans ce que nous vivons.

Nous sommes notre pensée, notre émotion, notre histoire.

La méditation permet parfois un léger déplacement. Une pensée peut être observée comme une pensée. Une émotion comme une émotion. Une sensation comme une sensation.

Ce qui est vécu ne disparaît pas. Mais quelque chose change dans la relation que nous entretenons avec lui.

Une distance apparaît. Non pas une distance qui éloigne de soi, mais une distance qui permet d’embrasser davantage.

C’est une forme de compréhension au sens profond du terme : prendre avec.

Ne plus avoir besoin de séparer immédiatement ce qui nous plaît de ce qui nous dérange.

Pouvoir laisser l’ensemble de l’expérience exister.

Le son comme chemin vers la présence

Le son nous invite naturellement à écouter sans posséder. À recevoir sans retenir. À laisser partir.

Dans cette écoute, le son peut progressivement devenir moins important que l’espace dans lequel il apparaît.

Et peut-être est-ce là que la méditation commence véritablement.

Lorsque nous ne cherchons plus seulement à écouter le son, mais que nous découvrons que nous pouvons aussi écouter l’espace qui l’accueille.

Laisser émerger la présence

La présence n’est pas quelque chose que nous aurions à fabriquer.

Elle est déjà là.

Ce que nous pouvons parfois faire, c’est créer les conditions pour la percevoir, ralentir, écouter, observer, laisser être.

Ne pas chercher immédiatement à comprendre.

Ne pas chercher non plus à devenir quelqu’un d’autre.

Simplement être là.

Alors, derrière les mouvements de surface, quelque chose peut devenir perceptible, un espace, un silence, une qualité de présence.

Quelque chose qui n’a pas besoin d’être nommé pour être vécu.

La méditation sonore est pour moi une invitation à revenir régulièrement à cet endroit.

Non pour y rester.

Mais pour apprendre à le reconnaître.

Et peut-être, peu à peu, à l’habiter et le cultiver dans la vie quotidienne.

Écouter autrement, ce n’est pas entendre davantage.
C’est parfois devenir suffisamment silencieux pour découvrir ce qui était déjà là.

Comme la terre accueille la pluie lorsqu’elle peut la laisser pénétrer, le corps peut lui aussi devenir plus ou moins disponible au son.

Lorsque la terre est sèche, saturée ou compacte, l’eau ruisselle, déborde, cherche un autre chemin. Il peut en être ainsi de nous : certaines périodes, certaines expériences ou certaines tensions peuvent rendre l’espace intérieur moins disponible.

Puis, lorsque quelque chose se détend, que l’espace se rouvre, l’eau peut à nouveau pénétrer.

Il en va de même pour le son.

À mesure que l’écoute se pose et que l’activité cérébrale ralentit, le son semble changer de nature : il devient plus profond, plus grave, plus feutré. Sa résonance dans la pièce se transforme, jusqu’à parfois devenir presque imperceptible à l’oreille.

Et comme si cette transformation ne concernait pas seulement les sons de la séance, les bruits de l’environnement extérieur semblent eux aussi devenir plus doux, plus lointains, plus feutrés.

Les voitures continuent de passer, la vie continue autour de nous, mais quelque chose a changé dans l’écoute.

C’est cette transformation du son qui peut alors guider la séance : suivre ce qui s’approfondit, ce qui se dépose, ce qui devient moins distinct entre le dedans et le dehors.

Jusqu’à ce que l’on ne sache plus très bien où finit le son et où commence l’écoute.

 

Texte – Créer de l’espace en soi

Réflexions autour du massage conscient sonore

Lorsque nous traversons une épreuve, un changement ou une période de tension, notre premier réflexe est souvent de chercher à modifier ce qui nous entoure. Pourtant, il arrive que le véritable mouvement commence ailleurs. Il commence dans la manière dont nous entrons en relation avec ce qui est déjà là.

Au fil de mes accompagnements, j’observe que le corps ne demande pas seulement à être détendu. Il demande surtout à être écouté.

Il porte notre histoire, nos habitudes, nos façons de nous adapter, nos élans, nos résistances et parfois des tensions devenues si familières qu’elles passent inaperçues.

Le massage conscient sonore est né de cette observation.

À travers le toucher, la vibration et le son, il ne s’agit pas de corriger le corps, mais de lui offrir un espace où il peut retrouver davantage de disponibilité.

Peu à peu, quelque chose se relâche. La respiration s’approfondit. Le corps retrouve sa capacité à laisser circuler ce qui avait tendance à se figer.

Mais cette détente n’est pas une fin en soi. Elle ouvre un autre espace.

Un espace où il devient possible d’observer ce qui se présente sans avoir immédiatement besoin de le contrôler, de le repousser ou de le résoudre.

C’est là que commence, pour moi, un véritable travail de présence : être avec ce qui est, le laisser apparaître, le laisser évoluer et le traduire, afin de créer des connexions corps-esprit et des prises de conscience.

C’est à mon sens, ainsi, que nous pouvons découvrir comment accompagner un mouvement intérieur plutôt que lutter contre lui. Cette qualité de présence transforme progressivement notre manière d’habiter le corps, mais aussi notre manière d’habiter la vie.

Nous développons peu à peu une autre façon d’accueillir les émotions, les sensations, les pensées et les événements, non pour les subir, non pour les éviter, mais pour entrer en relation avec eux.

Créer de l’espace ne signifie pas tout laisser entrer

Lorsque nous créons de l’espace en nous, il ne s’agit pas de devenir plus poreux. Au contraire.

Un espace intérieur suffisamment vivant peut permettre de retrouver une forme de discernement : sentir ce qui nous nourrit, ce qui nous traverse, ce qui ne nous appartient pas et ce qui n’a plus besoin de trouver sa place en nous.

Il y a parfois une confusion entre ouverture et perméabilité. Être ouvert ne signifie pas tout absorber. C’est pouvoir laisser circuler sans se laisser envahir. C’est pouvoir dire non sans fermer la relation.

Un « non » conscientisé peut devenir un véritable oui : un oui à ce qui est juste, à ce qui nous respecte, à ce qui permet au vivant de continuer à se déployer.

Lorsque nous ne disposons plus de cet espace intérieur, nous pouvons facilement répéter les mêmes façons de faire, les mêmes réactions et parfois les mêmes cycles, même lorsqu’ils ne nous conviennent plus. Nous cherchons alors souvent la cause ou la solution à l’extérieur.

Le mouvement peut pourtant commencer dans l’autre sens : revenir à soi, observer ce qui se passe en soi et retrouver une capacité d’action là où elle est réellement disponible. Corps et esprit ne sont pas deux mondes séparés. Ils participent à une même expérience.

Créer de l’espace, c’est donc aussi permettre qu’une autre manière d’être puisse prendre forme. Peu à peu, une nouvelle énergie de vie peut trouver sa place : une autre façon de répondre, de choisir, de se positionner, d’entrer en relation.

Il ne s’agit pas de devenir imperméable. Il s’agit de retrouver une perméabilité vivante et sélective : accueillir ce qui peut être accueilli, laisser traverser ce qui a besoin de traverser, et ne plus se laisser envahir par ce qui n’a pas à nous appartenir.

La géode

Une image m’accompagne souvent pour parler de ce processus : celle de la géode. Lorsqu’une cavité se forme en son cœur, elle devient un espace où les cristaux peuvent lentement apparaître et grandir.

Cette cavité n’est pas un manque. Elle est la condition qui permet à une nouvelle organisation d’émerger.

Je ressens qu’il en est souvent ainsi de nous-mêmes. Lorsque nous créons un véritable espace intérieur, quelque chose peut enfin se déposer, de nouvelles ressources deviennent perceptibles. Une autre stabilité peut apparaître, une manière plus juste d’être en relation avec soi, avec les autres et avec le vivant commence à se dessiner.

La cavité n’est donc pas un vide à remplir. Elle est un espace vivant. Un espace suffisamment libre pour que quelque chose de nouveau puisse apparaître, se développer et prendre forme. Et peut-être est-ce aussi cela que nous pouvons apprendre à travers les expériences de la vie : ne pas chercher à remplir immédiatement chaque espace, chaque silence, chaque inconnu. Laisser parfois la place, observer ce qui vient et découvrir ce qui peut naître lorsque nous cessons de tout contrôler.

Créer de l’espace n’est donc pas fuir la réalité. C’est au contraire devenir plus disponible à ce qui la traverse. C’est permettre à une présence plus consciente de prendre sa place.

Comme la géode, nous découvrons alors que ce qui semblait vide pouvait, en réalité, devenir un lieu de transformation. Et que les épreuves, les passages et les résistances peuvent parfois devenir le lieu même où de nouvelles directions apparaissent.

Peut-être que le véritable mouvement n’est pas de devenir quelqu’un d’autre.

Peut-être est-il simplement de laisser apparaître ce qui, depuis toujours, cherche à vivre.

Tout comme la berge ne retient pas l’eau, mais lui donne un chemin, la roche ne ferme pas la géode : elle lui offre la cavité où les cristaux peuvent apparaître.

Il faut parfois une berge pour que l’eau puisse être libre, et une cavité pour que la beauté puisse apparaître.

 

Texte – Une discipline en mouvement

Réflexions autour du soin énergétique

Depuis de nombreuses années, j’explore la relation entre le son, la vibration, le corps et la conscience.

Cette exploration a commencé bien avant que je lui donne un nom. Elle continue aujourd’hui, nourrie par l’expérience, l’écoute du corps, l’acoustique, les recherches autour du système nerveux et de la manière dont le vivant reçoit, transforme et intègre les vibrations.

Les soins énergétiques et la sonologie vivante ne sont pas une accumulation de pratiques ou de sons.

C’est avant tout une écoute. Écouter le son et sa vibration. Écouter ce qu’elle produit dans l’espace et dans le corps. Écouter les résonances qui apparaissent.

Puis traduire cette écoute dans une relation vivante avec les instruments.

Au fil des années, j’ai ainsi développé mes propres façons d’explorer les vibrations : avec les bols, les cordes, les tambours, le Kotamo, les drums et d’autres instruments.

Certaines compositions jouent avec des fréquences proches ou différentes, parfois à partir d’une même note, afin de créer des espaces de résonance où le mental n’a plus besoin de tout organiser.

D’autres explorations passent par le contact direct des instruments avec le corps, par les rythmes, les pulsations ou les résonances des cordes, pour proposer au corps différentes informations à la fois : s’apaiser, se dynamiser, se déposer, se remettre en mouvement.

Ces expériences m’ont amenée à explorer une forme de régulation par le son, dans laquelle des mouvements apparemment opposés peuvent coexister : apaiser et dynamiser, densifier et ouvrir, contenir et laisser circuler.

Il ne s’agit pas de remplir l’espace de sons.

Il s’agit plutôt de créer les conditions pour que le corps puisse s’apaiser, retrouver de la disponibilité et s’ouvrir à ce qui est là, dans un cadre suffisamment sécurisant pour laisser émerger ses propres résonances.

Je continue aujourd’hui à expérimenter, à observer et à créer. Chaque instrument m’offre une matière différente. Chaque corps résonne à sa manière. Chaque rencontre devient une nouvelle occasion d’écouter.

C’est ainsi que sont nées au fil du temps des compositions et des façons de pratiquer qui me sont propres, certaines étant aujourd’hui recherchées précisément pour cette qualité d’expérience.

La sonologie vivante reste pour moi une discipline en mouvement.

Je ne cherche pas à en fixer une méthode définitive.

Je préfère continuer à explorer ce que le son et la vibration peuvent révéler lorsqu’ils sont abordés non comme une succession de sons à recevoir, mais comme une relation à écouter.

Écouter ce qui résonne. Créer l’espace pour que le corps puisse l’entendre. Et laisser le vivant répondre.

Texte – Désespérance

Désespérance
Toi qui t’allie à Souffrance
Pour me montrer que je peux aussi m’accabler
Toi qui me permet de m’auto-piéger
Désespérance
Il est grand temps de voir que je ne chute pas
Mais que je porte des poids

Je m’alourdis moi-même en un claquement d’oeil
Me retournant le piège incessant de trop d’orgueil
De trop de fierté, de l’autre d’espérer
De moi-même d’obtenir
Qu’un dû m’est destiné
Et l’attrait d’un vent de devenir

Grâce à ton lourd labeur
Je n’ai plus peur
Ni de Souffrance
Ni de Piège
Grâce à ton lourd labeur
C’est avec coeur
Que je m’octroie la liberté de ne plus espérer
Ne plus rien attendre
Juste être neutre et laisser être

Désespérance
Chère énergie de retour
C’était si intense
Au vu de l’attachement à Espoir
Ce même Espoir qui
Me laissait choir
Ce même Espoir
Qui donnait à l’autre le pouvoir

Tu m’as rendu l’autonomie
Non pas celle de faire ou de laisser faire
Mais celle d’être avec ce qui est
De ne plus bouger autant et surenchérir le labeur…
Tu es la plus dure des fleurs
Mais ton éclosion
Embrasse toutes les agitations

J’observe dorénavant ta danse et ton comportement
Tes arrêts sur image et ta respiration haletante
J’entre même dans tes pas de danse
Sans me laisser mener
Sans croire à tes apnées
Désespérance
Dorénavant tu es ma cavalière éphémère
Pour transformer des arrêts en aguets
Et une danse en évidence

Je comprends ton sens maintenant
J’entends tes pas lancinants
Sans les fuir en hurlant
J’apprends à danser à tes côtés
À accepter ces bruits si particuliers
À me laisser m’informer
Plutôt que diriger

Désolé de t’avoir jugé
Et de ne pas avoir vu ta beauté cachée
Merci pour le rendu
Merci pour ce lâcher de superflu
Cher compagnon de jeu
Comment ai-je pu douter de tes capacités
M’être autant immunisé de tes riches saletés

Mais c’était sans compter sur Honnêteté
Qui, dès son arrivée, a pointé
Les prémices d’un grand effritement
Qui, faut bien l’avouer, eut grand besoin de toi
Pour accéder à Clarté et à Foi
Et plonger intensément et passionnément
Dans mes entrailles
Grâce à mes failles

 

 

Texte – Il ne fallait pas grand chose pourtant 

Il ne fallait pas grand-chose
Juste un peu de vents
Pourtant….
Il m’en a fallu du temps
Du temps à me battre
À lutter à m’épuiser
À me débattre
Dans ce qui m’oppresse
Me presse
Et n’a de cesse
De se montrer
J’en ai mis du temps
Pour accueillir cela
Et voir pas à pas
La lumière
Là où je ne voyais que ténèbres
Du temps à chercher à me changer
À utiliser d’autres énergies
Qui n’ont fait qu’agrandir
Mes dérives
Qui jouent de hauteur
Rempli de labeurs
Jusqu’à chuter
Et me jouer à manquer
Que de de distorsions
De joyeuses illusions
Il m’en a fallu du temps
Pour braver les vents
Juste un peu d’immobilité
Dans l’éternité
Me laisser traverser
Ne plus bouger
Juste observer
Il ne fallait pas grand-chose
Pourtant
Juste un peu de vents

Texte – Entrer en complicité avec tout ce qui est 

J’ai cherché à donner plus
À calmer mes luttes
Avec des nouveautés
Plus de ceci, plus de cela
J’ai tenté de me calmer
Avec du surplus

Puis j’ai cherché des anesthésiants à mes excitants
Sans réaliser que je rajoutais des ingrédients
Toujours plus, toujours mieux
Toujours trouver
J’ai donné, j’ai tout donné
À l’autre, à moi-même, à tant d’idées

S’anesthésier avec plus de bruits
N’a jamais rien calmé
Au mieux, juste détourner
Un peu comme calmer la douleur en appuyant davantage ailleurs

J’ai si longtemps voulu tout fuir, détruire
M’exclure n’a jamais rien calmé
Au mieux juste repousser
Un peu comme fermer une porte divise davantage que réunit

Ne plus me diviser, me disperser
Réunir toutes mes parts
Me comprendre et m’aimer
Serait-ce alors si compliqué

Utiliser mes excès en moteur
Rire de mes erreurs
Vivre sans condamner
Et voir la beauté en tout chose

Juste entrer en complicité
Avec tout ce qui est

Texte – « recycl’âge »

Laisser remonter les liens de toutes années…
Et voir le merveilleux tissage sortir de l’obscurité
Invisible et pourtant si visible à la lumière de la conscience
Ces liens figés, assemblés
Ont crées des ébauches de rôles fragiles et intenses
Créant l’absence et le manque par ces sur-présences

Explorer ce détissage et remonter le fil des âges…
Et dans cette nage à contre-courant,
Où se joue le détachement du mirage
Autant que la noyade dans ce qui fait rage,
Se vit l’embrasement et la complétude du vivant
La clé brulante de l’avancement, et la libre présence

Observer l’inacceptable
Respirer dans l’irrespirable
Voir l’enchevêtrement et la composition de l’instant
Oser entrer dans une relation à soi équitable
Et les utiliser comme présents
Pour renaître à « avant »

Dans ce « recycl’âge », juste voir et laisser…
… la détente arriver
… le silence me consumer
… la lumière m’habiter
… la mise à l’épreuve opérer
… le vivant me traverser
… la joie de m’explorer
… et éclore éternellement à « d’avant’âge »

Texte – M’effeuiller, me cueillir et m’offrir

Que je m’engage dans une cause
Que je me dégage des blessures de cette cause
Dans un sens comme dans un autre
Ce qui me pousse est amour
Pure offrande
De l’ignorance à la transcendance
D’une direction à sa chute
De la lutte à l’accueil
Je me cueille

Je me vois être
Pousser repousser dépasser
Engager dégager m’engager
Me métamorphoser
Après chaque surdose
Qui embrase mes visages
Pour en révéler d’autres rivages

Révèle alors une nouvelle pousse
Qui pousse l’ancienne
Si différente
Si cohérente
Anéantissant la première
Comme une chimère
Ne reste rien
Qu’un tout petit rien
Une naissance, une renaissance, une impuissance si puissante

Une éternelle naissance
Qui donne toujours plus
Plus que son ensemble
Un davantage encore
Davantage qu’apprendre
Davantage que comprendre
Un embrasement
Davantage que croire
Davantage que voir
Un embrassement

Juste créer de là, juste créer de ça
M’effeuiller, me cueillir et m’offrir
Rien de plus que ce qui a toujours été là
Naît de lui-même
Se rend à lui-même
Se joue de lui-même